LES BAFOUILLES DE THELMA

LES BAFOUILLES DE THELMA

Mon histoire d’amour commence ici ...

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Je cherche au-delà de la foule un bol d’air, une autre destination que celle qui me mène inexorablement au boulot. Le tramway se remplit au fil du trajet. Serrés les uns contre les autres, je me balance là au gré des arrêts, à rêver sur ce qui aurait dû être , sans savoir que ma vie va partir en vrille sous peu. Les écouteurs vissés dans mes oreilles égrainent les paroles de Bryan Molko  lorsque je croise son regard par inadvertance, ou par erreur. Bon dieu je n’en sais rien. Un abysse.Un foutu hasard. Une décharge électrique. Un coup dans l estomac. Le coup de foudre prend toutes ses formes. Différent d’un individu à l’autre. D’une époque à l’autre. Même l’âge a son mot à dire. Nos hormones offrent la partition adéquate pour déterminer l’impact d’un regard sur la raison. Je chavire intérieurement et du coup je n’ose plus le regarder de peur de me perdre, de succomber aux embruns de ses yeux. Je me rends compte instantanément qu’il est arrimé à la même barre de pooldance que moi. Ses doigts à trois centimètres des miens . Je rougis. Le feu s’empare de moi quand de nouveaux arrivants me pressent contre lui. Je lève les yeux et son regard se plante dans les miens. Je voudrais mourir mille fois dans l’incendie qu’il allume en moi. Ses yeux sont si profonds que je ne parviens pas à m’accrocher au bord. Impossible d’en sortir et il sourit. J’esquisse un sourire histoire de ne pas perdre la face. Il s approche de mon oreille et son souffle chaud et mentholée irradie d’un coup les quelques cm2 de ma chair à l’ air libre. 

-Enchanté. 

-OUi moi aussi. Je murmure si doucement que je n’ai aucune certitude sur le fait qu’il m’ait entendu ou pas. 

Une nouvelle salve d’êtres humains s’agglutine autour de nous et je suis à présent littéralement collée contre lui. Il sent bon. Sa chaleur naturelle s’invite dans mon univers. Il prend possession de ma raison et la jette au loin. Je rêve qu il m’embrasse. À la place il me propose d’aller boire un café et j’accepte. Sans réfléchir.  Sans autre possibilité. Le tram s’immobilise. Les portes s’ouvrent. Il saisit ma main et m’entraîne au milieu de la foule. Je pense à Edith. J’espère avoir plus de chance qu’elle pour ne pas le perdre.

On se faufile dehors. Il fait beau et froid. L’air frais m’anesthésie. Je le suis comme un automate. J’ai perdu mon libre arbitre. Je ne parviens pas à me demander à quoi ça rime... peu importe ...la vie est si courte..autant partir et ne pas revenir....se laisser glisser vers l’inconnu.. et omettre la banalité pour une fois. Juste une fois. On bifurque dans une rue ensoleillée. Il me plaque en douceur contre le mur.. Il m’embrasse doucement.. lascivement.. je meurs. Je ne veux plus revenir en arrière, ni retourner travailler. Je ne veux plus voir les regards vides qui habitent l’habitacle des métros, des gares et des entreprises. Pourquoi avons nous oublié de vivre à ce point? Mes sens m’assaillent pour la première fois depuis longtemps. 

-0n va le boire ce café? 

J’ai envie de lui dire que je déteste le café mais aucun son ne sort de ma bouche. J’opine et nous nous engouffrons dans un bistrot.... mon histoire d’amour commence ici....



27/03/2018
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